*Veuillez prendre note que j’ecrit avec un clavier bolivien SVP !

Apres avoir passé deux journées à La Paz, deux à Capacabana et une à l’île du Soleil (Yumani), je me sauvais en Land Rover vers le massif  éloigné du Condoriri, ou en français, du massif du Condor. Difficile de ne pas faire allusion aux cités d’or et aux Incas alors que je quittais la ville chaotique de LaPaz avec environ 50 kilos de provisions allant vers le groupe d’Educ Aventure de Sherbrooke que j’allais rejoindre la journée même. Trois heures plus tard, avec Jorge (amicalement Papi), nous arrivons au point où la route s’arrête et où je devrai continuer à pied avec mon gros sac à dos rempli de matériel d’escalade. Les mules ne sont pas arrivés et malgré un mal de ventre soutenu à cause d’un sandwich douteux à LaPaz, je vais suivre le chemin pendant 2 heures jusqu’au camp de base au pied du glacier (4700m).

L’altitude se fait sentir et je prend plusieurs pauses, avec une météo de plus en plus menacante au fur et à mesure que je m’approche des montagnes. Enfin au camp de base, je retrouve mon ami Claude et tout le reste du groupe, dont Jean-Nicolas, responsable du groupe avec qui j’irai vers la traverse de l’Illimani (6500m)  à partir du 20 juin. Claude est un bon ami et nous travaillons ensemble à guider les gens à l’Auberge de Montagne des Chic-Chocs. Alors que je le visitais à Rivière-Du-Loup en mars derniers en direction d’un voyage de ski de randonnée dans les Chic-Chocs, il m’a invité à venir voir sa magnifique Bolivie où il guide depuis plus de 10 ans pour Karavaniers. De plus Jean-Nicolas m’a aussi permis de rejoindre le groupe de jeunes aventuriers question d’accompagner le groupe jusqu’au Pequeno Alpamayo – 5400m (le Condoriri était trop difficile techniquement pour eux et nous n’avions pas la météo de notre côté) et au Huayana Potosi – 6088m.

Le campement est parfaitement sélectionné par Xavier d’Andean Summits et nous avons une gigantesque tente MSR pour notre petite communauté de 15 étudiants, moi, Claude et Jean-Nicolas. Nous mangeons comme des rois avec du thé aux feuilles de Coca, et de bonnes soupes chaudes à chaques pré-repas ! Le campement est équipé de toilettes sèches, de lammas aggressifs, d’ânes aux beaux yeux et d’un chien berger se nourrissant à chaque fois qu’une personne est malade ! Il arrive même que ce chien, lorsqu’il voit qu’une personne va peut-être être malade, attende *patiament à ses côtés que les choses arrivent ! La vie calme du campement est perturbé seulement par le thé, les repas, des batailles de balles de neige, le chasse du pikachu (mélange d’écureuil et de lièvre) et par des activités de leadership pour noter les étudiants, tel que sauver une personne qui s’est blessé dans la moraine du glacier. Les étudiants ont chacun leurs journées de guidage, sauf durant les journées de repos ou de sommet, où les guides de montagne bolivien prennent la relève.

Ma journée numéro 10 en Bolivie commence vers minuit, où je me rend compte qu’il neige à plein ciel à raison de 2cm à l’heure. Je doute fortement que je me relève à 2h pour déjeuner et me diriger vers la glacier avec le groupe. Finalement, à 2h30, les étoiles reviennent dans le ciel, les guides se consultent et nous décidons d’y aller ! Le départ se fait vers les 3h du matin et nous rejoignons le glacier vers 4h pour s’encorder. Par cette nuit très froid, nous rejoignons le haut du glacier vers 7h, en même temps que les premières lueurs du soleil; puis le sommet du Tarija à 8h30 avec presque tout le monde (5300m?) – http://www.summitpost.org/tarija-peak/625650 .

Étant donné qu’il y a déjà quatre guides avec les étudiants, Jean-Nic m’offre de continuer en solo vers le Pequeno Alpamayo, et j’accepte, malgré une météo changeant à chaque seconde. Je dégrimpe de Tarija en escalade de roche non cohésive avec mes crampons dans les pieds et piolets dans les mains (niveau environ 5.4) puis grimpe en escalade de neige dur d’environ 60 degrés les pentes du Pequeno. La neige devenait collante et mes pieds étaient d’une lourdeur incroyable. Après 2 heures de dur travail, j’atteint le sommet dans une whiteout, aucune visibilitée mais quel sourire !

Après redescendu les pentes raides avec précaution, regrimper le Tarija et traverser le glacier et ses crevasses seul alors que les traces du groupe s’effacaient sous une neige constante, je suis revenu au campement à 14h.

*Suivez le blog pour savoir comment s’est passé le Huayna Potosi (6088m)

*Photos prises avec la Gopro pour la grosseur et l’Internet bolivien

La pente, 60 deg en haut de 5000m, Pequeno Alpamayo

La pente, 60 deg en haut de 5000m, Pequeno Alpamayo

Summit ! Pequeno Alpamayo (5400M)

Summit ! Pequeno Alpamayo (5400M)

Vue sur le Tarija du Pequeno (et ce que j'avais a escalader pour revenir)

Vue sur le Tarija du Pequeno (et ce que j’avais a escalader pour revenir)

Vue du Huayna Potosi du Pequeno Alpamayo

Vue du Huayna Potosi du Pequeno Alpamayo

Juste avant la crète du Pequeno Alpamayo

Juste avant la crète du Pequeno Alpamayo

Trek vers Huayna Potosi

Trek vers Huayna Potosi

Campement, Condoriri

Campement, Condoriri